Profession: conseiller philosophique
Les études de philosophie ne conduisent plus seulement au métier de professeur de philosophie ou à la
fonction de commissaire de police.
Etre devenu philosophe par étude, par choix et par expérience, c'est apporter à ses contemporains une dimension essentielle, celle du "commerce" avec le monde des
idées et des valeurs.
Certains philosophes sont devenus conseillers.
Le Conseil Philosophique ou CP a pignon sur rue. Le terme est de Peter B. Raabe (Philosophical Counseling : Theory and Practice, Praeger Pub Tex,
Westport/Connecticut/London,2000).
On peut lire sur Internet un article de Mme Monica Cavallé traduit de l'espagnol et intitulé "Qu'est-ce que le conseil philosophique?". Cet article est le résultat
d'un forum organisé par l'ASEPRAF, association espagnole pour la pratique et le conseil philosophique.
Le conseil philosophique est-il une thérapie?
Josep María Carbo a résumé ainsi un point d'accord clair entre tous les participants au débat : " L'ignorance (qui est pour les philosophes de la connaissance la racine ultime de la souffrance) n'est pas une maladie. "
Sur la même ligne, Gabriel Molina Mari suggéra à un moment donné la chose suivante : " Il y aurait lieu de dire que ce qui définit le CP est le fait que nous substituions le paradigme de l'autoconnaissance à celui de la santé. "
Mariano Betès décrit le CP comme" une psychothérapie qui
déborde la thérapeutique entendue comme traitement, car son point de vue est prophylactique ".
Le CP s'ancre dans un mouvement intitulé " pratique philosophique ". L'expression " pratique philosophique " n'est pas équivalente à
" philosophie pratique ". La " pratique philosophique " est la " philosophie vécue ", " pratiquée ", " mise en action ", la philosophie qui
implique tout l'être de la personne qui philosophe, c'est-à-dire la philosophie elle-même dans son sens le plus authentique.
Pour simplifier, je dirais que le conseiller philosophique, qui est un philosophe en actes, cherche à aider son interlocuteur à se connaître philosophiquement, de
manière à lui éviter l'ignorance et la souffrance subséquente.