Je et tu : le coaching de moi par toi

Publié le par Josyphilo

 

Il est illusoire de penser que l'individu peut progresser seul.
Il n'est vivant que dans la rencontre avec autrui, ainsi que l'a bien montré Martin Buber :
"Sur la côte étroite où le Je et le Tu se rencontrent, dans la zone intermédiaire".
Ce point de vue d'un mystique peut ne pas plaire à tout le monde à une époque où la religion a mauvaise presse.
Aussi je vais laisser la parole à un philosophe moins suspect qui décrit, presqu' en poète, comment on progresse en musique et en amour.

Il faut apprendre à aimer. - Voici ce qui nous arrive dans le domaine musical : il faut avant tout apprendre à entendre une figure, une mélodie, savoir la discerner par l'ouïe, la distinguer, l'isoler et la délimiter en tant qu'une vie en soi : ensuite il faut de l'effort et de la bonne volonté pour la supporter, en dépit de son étrangeté, user de patience pour son regard et pour son expression, de tendresse pour ce qu'elle a de singulier ; - vient enfin le moment où nous y sommes habitués, où nous l'attendons, où nous sentons qu'elle nous manquerait, si elle faisait défaut ; et désormais elle ne cesse pas d'exercer sur nous sa contrainte et sa fascination jusqu'à ce qu'elle ait fait de nous ses amants humbles et ravis, qui ne conçoivent de meilleure chose au monde et ne désirent plus qu'elle-même, et rien qu'elle-même.

Mais ce n'est pas seulement en musique que ceci nous arrive : c'est justement de la sorte que nous avons appris à aimer tous les objets que nous aimons maintenant. Nous finissons toujours par être récompensés pour notre bonne volonté, notre patience, notre équité, notre tendresse envers l'étrangeté, du fait que l'étrangeté peu à peu se dévoile et vient s'offrir à nous en tant que nouvelle et indicible beauté : - c'est là sa gratitude pour notre hospitalité.

Qui s'aime soi-même n'y sera parvenu que par cette voie : il n'en est point d'autre. L'amour aussi doit s'apprendre.

Friedrich Nietzsche (1844-1900), Le Gai Savoir (1882), § 334

Tout s'apprend par l'échange et le partage, même le bonheur, même l'amour, même l'amour de soi-même.

Publié dans philosophie

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M


Ah, ah, Nietzsche est à l'honneur  puisque il y a la citation extraite du Gai Savoir. il a écrit des choses sur les femmes, en préférant celles qui savent rester
femme.


Moi je pense que la femme qui se consacre trop à sa profession manque sa vie de femme : elle n'a plus le temps d'avoir des enfants et de les élever, de faire plaisir à son homme... bref, elle
doit payer des impôts et cela ne fait qu'augmenter le budget militaire, en réalité. Alors moi je préfère une femme à la maison avec ses enfants que les bombes atomiques et les missiles 51
nouvelle génération pour attaquer qui au fait ???



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