Quod iter...?

 

Quel chemin de vie suivrai-je ?

Ausone (Idylles, 15, 1)

Présentation

Citations

"Nous avons à vivre non point dans un monde nouveau dont il serait possible au moins de faire la description, mais dans un monde mobile, c'est-à-dire que le concept d'adaptation doit être généralisé pour rester applicable à nos sociétés en accélération." Gaston Berger. Education et prospective.

 

"La vie c'est le passage. Dire qu'elle est passage revient à dire qu'elle est action." Gaston Berger. L'encyclopédie française.

"Wer rastet, der rostet" L'inactif rouille. Dicton.

philosophie

Lundi 30 octobre 2006

Nombreux sont les gourous, nombreuses les sociétés qui promettent de nous aider à développer

notre personnalité.

Pourquoi ? Comment ? Dans quel dessein ?

Qu'est-ce que la personnalité ?

Dans ce blog je me propose de rassembler mes idées concernant

ce sujet afin d'aboutir à une philosophie de la personnalité.

 

 

 

Par Josyphilo
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Mardi 31 octobre 2006

Pour Pascal : "L'homme est un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant." Pensées

Pour Descartes : "Je pense, donc je suis" "...mais qui suis-je?" Méditations Métaphysiques

Pour Jacquot, du café-philo : "Je suis un animal, rien qu'un animal, et je l'accepte." Cet animal qui parle et raisonne comme un humain, qui philosophe comme un humain, n'appartient à aucune espèce connue, sauf celle des animaux de Jean de La Fontaine. La seule trace qu'il laisse, à l'heure où les animaux vont boire, est celle d'une fiente.

Pour André Comte-Sponville : "L'athéisme est une forme d'humilité. C'est se prendre pour un animal, comme nous sommes en effet, et nous laisser la charge de devenir humains." Présentation de la Philosophie.  Cet animal philosophe aussi et veut devenir humain. Je comprends que c'est parce qu'il est athée qu'il se prend pour un animal. Dans ce cas, quand il sera devenu humain, par ses propres efforts, il n'aura plus besoin de se prendre pour un animal.

Moralité de la fable : Qui veut faire la bête y réussit très bien.

 

Par Josyphilo
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Jeudi 2 novembre 2006

L'homme et ses proportions idéales ,selon Léonard de Vinci,

dessin connu sous le titre "l'homme de Vitruve".

Sérieusement

Nous savons par expérience que nous appartenons au règne humain. Nous ne sommes pas végétaux comme le roseau ni animaux comme Jacquot. Si certains d'entre nous se considèrent comme des animaux, c'est parce que nous sommes dotés d'un corps physique qui a ses exigences, pas toujours bien acceptées.

Mais qu'est-ce qui fait qu'un homme est un homme?

En quoi sommes-nous différents des animaux ? Les avis divergent, mais beaucoup d'éléments sont à citer : nous nous tenons debout, nous pouvons jouer et rire, nous travaillons, nous pensons, nous avons un langage parlé et écrit, nous sommes conscients d'exister, nous éprouvons des émotions et des sentiments, nous portons des vêtements, nous pratiquons les arts et les sciences, nous subvenons aux besoins de notre famille, nous faisons du sport, nous avons une religion, ou bien nous savons pourquoi nous n'en avons pas, nous faisons la guerre, nous faisons la paix, nous construisons des maisons, des objets, des usines etc... Mais tout le monde sait, n'est-ce pas? ce qui nous différencie des animaux.

L'être humain est complexe, multidirectionnel. Ce n'est pas une tâche facile d'être un homme ou une femme. L'animal, lui, n'a qu'à se laisser aller. L'état de nature...vous savez ?

Par Josyphilo
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Samedi 4 novembre 2006

 L'homme appartient au règne humain, non au règne animal.                     

Il est scientifiquement prouvé que les grands singes et nous avons un ancêtre commun, il n'est pas question de contester la théorie de l'évolution.

Mais notre histoire lointaine ne fait pas de nous des singes. Notre corps est différent, notre fonctionnement est différent. En un mot nous avons évolué. Même nos fonctions vitales sont humaines. Et tout particulièrement notre sexualité.

Voici une citation extraite du site "Sexualité : Mensonges et Vérités" Deuxième partie- Le mensonge naturaliste: "Le Sexe est naturel"

"En réalité, il existe des différences radicales entre la sexualité humaine et la sexualité animale. Contrairement à la sexualité animale, qui est instinctive, donc réglée selon des comportements immuables et selon le cycle des saisons, la sexualité humaine comporte une vaste dimension mentale qui en détermine l'orientation.

La sexualité humaine, disent les psychanalystes, n'est pas un instinct mais une "pulsion", c'est-à-dire une force que chacun dirige en fonction de la signification qu'il lui donne, selon les modèles qui l'influencent ou les idéaux qui lui ont été transmis.

C'est pourquoi elle ne peut se passer d'éducation. Non maîtrisée, elle risque de se développer dans des comportements régressifs et obsessionnels. C'est à chacun d'acquérir la maîtrise de sa sexualité pour en faire une dimension créatrice de sa personnalité...

En définitive, contrairement à une idée superficielle, la sexualité est ce qui distingue le plus radicalement l'homme de l'animal. En effet, l'homme est le seul être capable de faire de sa sexualité un acte d'amour, un don volontaire et libre de lui-même. En ce sens, il est supérieur à l'animal. Inversement, l'homme est aussi le seul être capable de faire de sa sexualité un acte de violence et de destruction, se rabaissant alors plus bas que l'animal..."

Appartenir au genre humain, exister comme un être évolué, c'est notre destin. Nous ne l'avons pas choisi, comme nous n'avons pas choisi de naître. Nous avons été en quelque sorte "embarqués" dans une aventure que nos parents ont initialisée pour nous.

Qu'allons-nous faire de cette aventure?

 

 

 

 

Par Josyphilo
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Jeudi 9 novembre 2006

L'individu humain multidirectionnel que nous connaissons existe et fonctionne comme une unité:

c'est ainsi qu'il se perçoit et qu'il perçoit les autres.

Pour appréhender la personnalité humaine en général, je dispose de l'avis des spécialistes ( philosophes, psychologues, sociologues, historiens, médecins etc...), je dispose aussi de ma propre expérience car, comme écrivait Montaigne:

"Qui se connaît, connaît aussi les autres, car chaque homme porte la forme entière de l'humaine condition." Les Essais.

Montaigne qui visait "l'humaine condition" à travers le singulier et le changeant. Comme Montaigne, je pourrais écrire : "Je suis moi-même la matière de mon livre" Les Essais.

Je définis la personnalité humaine  comme une unité de vie, de fonctionnement et de conscience. Par vie j'entends le physique et le biologique de son corps,  par  fonctionnement j'entends les différentes fonctions de sa personnalité:  fonctions physiques, émotives et actives, par conscience j'entends ce que les philosophes appellent généralement conscience.

Ce n'est pas parce qu'il y a des spécialistes que nous devons découper l'être humain en rondelles. A vouloir trop découper la vie on la tue. La conscience, elle, est difficicilement saisissable. On se contente donc en général d'étudier le fonctionnement de la personnalité.

Ce faisant, on ne s'étonne plus. On ne voit plus ce que la personnalité a de fondamentalement humain. Ni ce qu'elle a de fondamentalement complexe. On ne voit pas non plus que réussir sa vie, c'est vivre la complexité.

"En fait, on ne peut séparer l'économique, l'historique, le psychologique, le mythologique etc...Einstein le montrait déjà à son époque. Il était un globaliste-mathématicien, penseur, ingénieur, quelqu'un qui essayait d'avoir des concepts. Il adorait jouer du violon, il "perdait son temps" à s'intéresser à l'art, à la politique...Les spécialistes, eux, se contentent de vérifier ses théories."Edgar MORIN - Dialogue sur la Connaissance p35.

Par Josyphilo
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Samedi 11 novembre 2006

Statue de l'enfant sauvage érigée sur la place de Saint-Sernin (Aveyron).

Un enfant sauvage est un enfant qui, perdu ou abandonné, a vécu  son plus jeune âge reclus de la société, à l'écart de tout contact humain. L'expression "enfant sauvage" est apparue dans le rapport de police relatant la première et la seconde capture du "sauvage de l'Aveyron". Cet enfant fut accueilli par le docteur Itard, de 1800 à 1806, puis étudié avec une méthode très rigoureuse.

De cette expérience François Truffaut a tiré un film " L'enfant sauvage", sorti en 1970. Lucien Malson a écrit une étude de cas titrée " Les enfants sauvages", parue en 1964 dans la collection 10/18.

Il résulte des études du docteur Itard, de Lucien Malson et d'autres chercheurs, très nombreux dans le monde, que les enfants qui sont restés longtemps à l'écart de la société montrent de graves déficits.

1- Ils ne se sont pas redressés ; ils marchent et courent inclinés en avant, les membres antérieurs servant encore en  partie à la locomotion ;

2- Ils ne parlent pas, ne développent pas de langage articulé ni de pensée symbolique ( capacité intimement  liée au langage) :

3- Des expériences montrent qu'ils distinguent mal les reliefs des aplats et confondent les choses et les images des choses ;    

4- Placés devant un miroir, ils ne se reconnaissent pas ;

5- Ils ne développent pas d'habileté technique, même rudimentaire. La main ne sait pas saisir ni manipuler avec dextérité les objets ;

6- Leur visage ne manifeste aucune expressivité ;

7- Quand ces individus sont en âge de se reproduire ils ne montrent aucune appétence sexuelle pour les partenaires complaisants qu'on leur propose. Pour que se développe le désir, il faut grandir au milieu du désir des autres.

La liste des graves déficits dont souffrent ces enfants est extraite du site philophil.com. Merci aux créateurs du site.

Retenons de ces expériences , sans entrer dans les détails, qu'un enfant humain ne peut se développer en tant qu'être humain véritable sans un contact soutenu avec ses semblables. Autrement dit, il n'y a pas de nature humaine qui pourrait se développer toute seule. La culture est essentielle. 

L'espèce humaine est une espèce singulière, mais cela nous le savions déjà. L'homme naît inachevé. Le rôle de l'éducation est donc vraiment fondamental. Il ne s'agit pas de construire une jolie personnalité, il s'agit plutôt de faire un humain.

"Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne."  Victor Hugo 1881 Les quatre vents de l'esprit.

 

                                                                                                                                                     

 

Par Josyphilo
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Vendredi 17 novembre 2006

A 5 ans nous fonctionnons comme un systême complexe qui vit, sent, agit, est conscient de son environnement humain et non humain. Nous commençons à engranger des souvenirs. C'est la maturation de notre cerveau humain, obtenue par de multiples sollicitations de notre entourage, qui nous a permis d'atteindre ce stade.

Nous nous mettons alors à relier  entre elles nos différentes

  " représentations" ( terme de Kant) pour les rapporter à notre propre histoire. Ce qui m'arrive aujourd'hui arrive à Josiane, cette Josiane qui repassait son ruban avant de partir à l'école, cette Josiane qui adorait utiliser sa petite brouette. Chaque représentation devient la brique d'une construction : celle de la personnalité.

Auparavant nous étions une unité qui s'ignorait. Nous devenons une unité consciente de soi-même. Une unité spatio-temporelle. Je suis localisée dans un corps physique et je vis dans une durée qui n'appartient qu'à moi seule.

Nous ne pouvons nous constituer une personnalité qu'autant que nous nous reconnaissons comme un moi identique, à tous les stades de notre développement.

Ce n'est pas la simple pensée qui nous élève au dessus du statut de l'animal. C'est la conscience-de-soi .

Par Josyphilo
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Samedi 18 novembre 2006

Pour un humain, recevoir la vie, c'est aussi en recevoir les différentes potentialités. Ces potentialités sont multiples pour un individu normal. Elles dépendent dans leur développement  du niveau de la famille et de la société.

Contrairement à l'animal, l'homme, pour se construire, a besoin de nombreuses années de croissance physique et psychique. Tous les stades de cette formation ont été abondamment étudiés et commentés.

L'éducation est fondamentale. Privé d'éducation , un enfant humain  n'est qu'un " enfant sauvage", inapte à la vie en société, à la vie tout court.

Mais ce n'est pas l'éducation qui donne la personnalité. De la même façon que nous recevons la vie de nos parents sans que nos parents en soient les créateurs, nous recevons la personnalité comme une potentialité de cette vie même. Un peu comme le rosier reçoit la rose.

La conscience, la conscience-de-soi, la conscience morale se développent petit à petit en même temps que se produit la maturation du cerveau.

Evidemment il est tout à fait nécessaire d'avoir un cerveau et un corps physique. Sans corps physique pas de fonction supérieure, toute supérieure qu'elle soit.

 Mais nous ne donnerons jamais la personnalité à un robot, nous n'en avons pas le pouvoir. Seule, la vie en a le pouvoir.

Et là, les philosophes et les psychologues sont muets !

Je laisse donc la parole à la révélation : " La personnalité est la dotation cosmique, la phase de réalité universelle, qui peut coexister avec des changements illimités et en même temps conserver son identité en présence de tous ces changements, et indéfiniment après eux." La Cosmogonie d'Urantia - Tome 3- Fascicule 130- Traduction Jacques Weiss.

Par Josyphilo
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Mardi 21 novembre 2006

Parler d'âme, c'est se situer dans la dualité : l'homme a un corps matériel, périssable, animal, et une âme ou psychisme, consciencielle, noble.

 Cette manière de s'exprimer, cette manière de penser, nous vient de notre héritage de pensée appelé judéo-chrétien. Mais il n'est pas utile ici de faire l'histoire du christianisme et de ses concepts.

 Si je parle " d'âme", c'est parce que beaucoup de personnes  disent ne pas en avoir. Si l'on définit l'âme comme le psychisme de l'homme, évidemment nous en avons une. Si l'on définit l'âme comme l'âme immortelle des chrétiens, le sujet est religieux : j'en traiterai dans un autre article.

Parler de la " personnalité" humaine, c'est se situer d'emblée dans une perspective non duelle. En ce monde, sans notre corps, nous ne sommes pas. Toutes nos fonctions supérieures dépendent du fonctionnement harmonieux de ce corps. Notre santé physique et notre santé psychique sont intimement liées, en fait il n'y a qu'une seule santé, qui est la santé psychosomatique. Sans notre psychisme, nous ne sommes pas non plus : le coma prolongé n'est pas la vie.

Bien sûr, on peut parler de l'âme d'un poète disparu. On peut évoquer la pensée d'un philosophe ancien. Visionner le film d'un cinéaste décédé. Les oeuvres de l'âme, qui sont en fait les oeuvres d'une ou de plusieurs personnalités, survivent longtemps à leurs auteurs. Ces oeuvres sont une sorte de rayonnement tangible de la pensée créatrice.

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Léda par Jules Desbois.

Par Josyphilo
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Mardi 28 novembre 2006

En latin "ego" signifie "je".

L'ego est le "je" des philosophes. Il s'agit généralement du sujet pensant. Les philosophes se préoccupent des valeurs et des systêmes de valeurs de chaque individu humain, de chaque "ego". En étudiant par exemple la conscience, on étudiera l'ego en tant que sujet conscient; en étudiant la notion de beauté, on se demandera ce qui est beau pour un ego.

La représentation que le philosophe se fait de l'ego dépend du point de vue selon lequel il se place:

Quand Descartes énonce sa célèbre formule " Cogito, ergo sum", " Je pense, donc je suis", il se place selon son propre point de vue, selon son propre "je". Mais, après lui, le "cogito" et l'"ego" sont devenus des noms communs. A chaque lecteur de se réapproprier la formule.

L'ego du philosophe, c'est le "je"pour le langage.

Nous n'avons que ce pronom personnel pour parler de notre moi. Moi, toujours, pour nous, intime.

Autres sens du mot "ego":

- La personnalité. On dira par exemple : il faut structurer son ego Dans ce cas, je préfère parler de personnalité.

- La manière de se centrer sur soi-même. Les bouddistes parlent de la nécessité d'éliminer l'ego. Dans ce cas, je garde le terme d'ego, qui est le terme consacré.

Par Josyphilo
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