Quod iter...?

 

Quel chemin de vie suivrai-je ?

Ausone (Idylles, 15, 1)

Présentation

Citations

"Nous avons à vivre non point dans un monde nouveau dont il serait possible au moins de faire la description, mais dans un monde mobile, c'est-à-dire que le concept d'adaptation doit être généralisé pour rester applicable à nos sociétés en accélération." Gaston Berger. Education et prospective.

 

"La vie c'est le passage. Dire qu'elle est passage revient à dire qu'elle est action." Gaston Berger. L'encyclopédie française.

"Wer rastet, der rostet" L'inactif rouille. Dicton.

éducation

Mercredi 24 janvier 2007 3 24 /01 /2007 17:35

Pour parvenir à des résultats, il faut toujours se fixer des objectifs : nous avons pris de bonnes résolutions de début d'année, nous allons amorcer la poursuite d'un développement optimal de notre personnalité, c'est notre but premier. Comment ? En cherchant à développer notre intégration psychique par l'apprentissage de l'utilisation adéquate de notre cerveau.

L'intégration psychique est le centre de gravité de toute formation. On parle quelquefois de coordination des fonctions psychiques ou d'équilibre intérieur ou encore de psychosynthèse.

C'est que la personnalité est composée de plusieurs éléments, dont les fonctions représentatives, les fonctions affectives, les fonctions actives.Ces différents éléments doivent être coordonnés entre eux.

Tout problème psychique vient d'un manque de coordination . A contrario, en développant l'intégration psychique, on améliore la santé du psychisme.

"Le terme "intégrative" tel qu'il est utilisé dans notre approche de la psychothérapie intégrative, revêt plusieurs significations. Il se réfère principalement au processus d'intégration de la personnalité, ce qui inclue l'aide apportée aux clients pour qu'ils deviennent conscients et assimilent les contenus de leurs Etats du Moi fragmentés et fixés, dans un Moi néopsychique intégré, en vue de développer un sentiment de soi qui réduirait le besoin de recourir à des mécanismes de défense et au Scénario de vie, et de se réengager dans le monde et les relations en un plein contact. C'est le processus consistant à faire un tout : faire en sorte que les aspects du Moi désappropriés, non conscients et non résolus, fassent partie d'un Soi désormais en cohésion." (Erskine & Trautmann, 1993)  Extrait du site  "Psychothérapie Intégrative"

L'autoéducation dont je parle n'est pas de la thérapie à proprement parler, mais elle repose sur les mêmes principes.Il s'agit d'accentuer notre intégration psychique par l'apprentissage de l'utilisation adéquate de notre cerveau.

Pourquoi notre cerveau ? Parce qu'il est l'organe de notre psychisme : toutes les parties de notre organisme corporel sont sous son influence.Les données de la neurophysiologie le démontrent d'une manière incontestable.

Est-ce que je ne saurais pas utiliser mon cerveau ? Il y a de longues années que j'en fais usage et il me donne toute satisfaction.

Il est facile de montrer que l'accumulation des années n'a pas suffi pour actualiser toutes ses potentialités: suis-je capable de changer mon humeur ? Suis-je capable de changer le cours de mes pensées ? Suis-je capable de me détendre à volonté ? Pourquoi les yogis et pas moi ? Mon cerveau n'est pas différent du leur. Tout est une question de pratique.

Mais quelle pratique ? J'ai suivi autrefois une formation appelée psychoculture, dispensée par Monsieur Claude Bournival et dont je m'inspire pour écrire ces lignes. La formation était si bonne que les termes et les arguments de Claude Bournival sont devenus les miens. Je me propose d'en expliquer les principes pour que tout un chacun puisse en profiter.

En conclusion, une phrase de Pierre Janet à méditer :

"La tendance à l'intégration et à la construction de l'unité est un caractère essentiel de l'intelligence et même de l'action, elle s'applique à la construction de la personnalité comme à la construction de l'atome." L'individualité.p 50.

Par Josyphilo - Publié dans : éducation
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 2 février 2007 5 02 /02 /2007 11:06

Faire l'apprentissage de l'utilisation adéquate de son cerveau...

Mais comment ? Et par où commencer ? Il nous faut élaborer une méthode pratique d'autoéducation basée sur les sciences humaines et passer à l'action en vue d'amorcer une amélioration de la coordination de nos fonctions psychiques.

Pourquoi des exercices pratiques ? D'abord pour faire le diagnostic de nos insuffisances. Quand je suis seul(e) devant un écran ou devant un livre, je peux m'imaginer capable de parler ou de chanter en public, mais qu'en est-il lorsque je me place en situation réelle ? Est-ce que je ne vais pas rougir, bafouiller et rester incapable de sortir un son ?

Ensuite pour réajuster nos comportements. C'est en forgeant qu'on devient forgeron. Tout apprentissage implique des progrès et des reculs, les progrès l'emportant à la longue.

Exemple de courbes d'apprentissage

Il faudra plus tard continuer les exercices pratiques et multiplier les expériences de manière à progresser continuellement et à actualiser petit à petit nos potentialités.

L'efficacité de la pratique vient de ce que, pour nous adapter à la situation, nous faisons appel à toutes nos fonctions combinées. La coordination des fonctions dans le comportement se répercute sur l'intégration du psychisme. C'est la répétition des exercices qui permettra l'habileté.

Par Josyphilo - Publié dans : éducation
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 11 février 2007 7 11 /02 /2007 15:44

Pour s'engager dans la pratique assidue des exercices  d'intégration de la personnalité, il faut en comprendre la nécessité. Il faut une profonde motivation. Il est déjà difficile de s'obliger à se laver les dents ou à marcher à pied, alors faire des exercices d'intégration...

Songeons que pour un adulte toute la vie dépend du développement de ses potentialités : ou bien l'individu assume son évolution et améliore la qualité de sa vie ou bien il se laisse aller au gré du hasard et des influences qui se répercutent sur lui, avec le peu d'efficacité que cela comporte.

"Quelles que soient les capacités reçues, l'homme est soumis à l'impératif, biologiquement immanent, de les développer. Il doit ajouter au don le mérite. C'est la tâche de la vie. L'homme jouit de la vie dans la mesure où il remplit cette tâche. La joie de la vie est le sentiment de la force vitale en pleine action, du désir essentiel en libre fonction. Elle est la sensation de l'élan vital dont l'homme est animé, qu'il doit déployer et faire évoluer. Plus grand est le don, plus lourde est la tâche; mais aussi plus profonde est la joie.L'élan de la vie déployé et évolué deviendra le contraire de l'exaltation malsaine: l'enthousiasme à l'égard de la vie, la joie la plus intense, le sentiment d'avoir satisfait la vie et d'être satisfait par la vie. C'est la réussite essentielle, le sort intérieur, indépendamment du sort accidentel et extérieur, sort dont l'homme est le maître ou devrait l'être. C'est la responsabilité devant la vie." Paul Diel. Psychologie de la Motivation p 157.

Reconnaissons que nous avons vécu en négligeant de nous préoccuper de l'essentiel: nous nous sommes laissés accaparer par les exigences matérielles de la vie et nous avons négligé de nous attaquer à la réforme de notre personnalité.

D'où la nécessité d'y réfléchir profondément et souvent pour parvenir à réorganiser notre vie de façon à accorder à cette réforme l'importance primordiale qui lui revient.

Par Josyphilo - Publié dans : éducation
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 13 février 2007 2 13 /02 /2007 11:27

Le terme de psychoculture est de Jean de Courberive : on peut encore trouver son ouvrage "Psychoculture de poche" paru chez Aubanel. Parmi ses autres ouvrages, on peut citer : Pour être maître chez soi de 1935 chez Chapitre, La clé du self-government de 1948 chez Avignon, J'ai surmonté le trac de 1950 chez Aubanel, Le docteur cerveau de 1956 chez Chapitre, Un grand médecin: la bonne humeur de 1959 chez Aubanel.

Pour ma part, comme je l'ai déjà écrit, j'ai connu cette sorte de formation pour adulte par l'enseignement de Claude Bournival, à Cholet, dans le cadre du Mouvement de Formation Continu des Adultes. Ce mouvement prenait sa source à Québec, où il s'appelait MEAQ. Les premiers cours à Cholet datent de 1971. J'ai suivi les cours à partir de 1973.

Qu'est-ce que la psychoculture?

Une méthode pratique d'autoéducation basée sur les sciences de l'homme dont les techniques sont exécutées en vue de l'épanouissement de la personnalité.

La psychoculture telle qu'elle existait à partir de 1971 comportait plusieurs cycles de formation, du plus élémentaire au plus didacticiel. L'idée était de contribuer à la formation de la cité éducative: le MFCA avait pour ambition de créer des CLFC, Centres Locaux de Formation Continue, où les personnes qui avaient suivi les cours pouvaient continuer à se former et agir sur la société.

A ma connaissance une telle formation, s'adressant à toute personne adulte sans distinction d'âge ou de profession, n'existe pas actuellement en France. Alors que la nécessité s'en fait cruellement sentir. Dans le domaine professionnel, le domaine familial, le domaine éducatif, le domaine de la santé... on constate de très grandes carences chez les adultes responsables. D'où des relations humaines absolument déplorables.

Quand une personne arrive dans un groupe sans avoir intégré sa personnalité, elle apporte avec elle "l'enfer". Jean-Paul Sartre en a donné une illustration parfaite dans sa pièce "Huis Clos", sous-titrée "L'enfer c'est les autres". Il s'expliquait en 1964 sur cette phrase souvent mal comprise:

"Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l'autre ne peut être que l'enfer... Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d'autrui et alors, en effet, je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu'ils dépendent trop du jugement d'autrui..." Extrait du CD "Huis Clos" Gallimard 2004 Emen 1964.

 La psychoculture s'inscrit dans l'optique d'une cité éducative où chacun aiderait chacun à se former et à former. Nos amis québécois ont bien compris cette nécessité de devenir Cité Educative: Québec est en train de devenir un grand modèle dans ce domaine.

Pour ma part, je cherche seulement à donner l'élan car:

"Si tu veux bâtir un navire, ne va pas rassembler des hommes pour apporter le bois, ni déléguer les responsabilités, ni répartir les tâches. Enseigne-leur le désir de la mer et de son étendue sans fin." Cité par Manon Théberge, directrice générale de la Boîte à Science, dans un texte intitulé " La Boîte à Science en faveur de Québec, Cité éducative".

Par Josyphilo - Publié dans : éducation
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 17 février 2007 6 17 /02 /2007 18:32

Dans une formation de type "psychoculture", il y a quatre exercices de base. Ces exercices se font toujours devant un auditoire.

Il convient évidemment de programmer ces exercices de telle sorte que les difficultés à surmonter ne placent pas le participant dans une situation traumatisante.

- De simples exercices de contrôle, très faciles au début, où il nous est nécessaire de maîtriser à la fois nos fonctions affectives, représentatives et actives. Par exemple l'exercice de se présenter à l'auditoire et celui de la chanson à répondre.

- L'exercice du comprimé psychique. L'expression est de Jean de Courberive. Le comprimé psychique est un condensé symbolique qui, par l'unification des forces conscientes et inconscientes, tend à développer un état psychique favorable. Il consiste à pouvoir se dégager de la situation présente et à vivre de tout son être une situation pensée.

- La reviviscence ou narration d'évènements vécus. Il y a en nous des énergies provenant des traumatismes que nous avons vécus qui s'opposent à l'ensemble énergétique de notre psychisme : il s'agit de se libérer progressivement de ces entraves.

- Les exercices de structuration de la pensée, sortes de dissertations verbales, qui consistent à approfondir un thème avec précision, clarté et chaleur.

Ces quatre exercices de base sont à expérimenter. Il ne sert à rien d'en parler, il faut les vivre.

"Nous ne sommes pas ce que nous pensons être, nous sommes ce que nous faisons" Charles Baudouin. L'âme et l'action p 187.

On doit à Charles Baudouin le terme de "psychagogie", terme qui a été abandonné mais qui a ressurgi sous la forme moderne de "coaching".

 

Par Josyphilo - Publié dans : éducation
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 22 février 2007 4 22 /02 /2007 19:29

A ma connaissance, il n'existe pas d'entreprise ou d'association qui propose une formation de type "psychoculture", c'est-à-dire s'adressant au plus grand nombre. Chacun en est donc réduit à s'organiser pour trouver des occasions de pratiquer les exercices préconisés.

La déesse Occasion

 Elle a des aisles aux
pieds. C’est à dire ses souliers ont des aisles, comme
aussi Mercure en porte de telles: elle vole en tous
lieux par l’air. Elle a un rasoir en sa main droite,
pour monstrer qu’elle est plus tranchante que chose
qui soit. Elle n’a cheveux qu’au front, pour nous en-
seigner qu’il la faut prendre quand elle se presente.
Par derriere elle est chauve: tellement que l’ayant une
fois faillie, on ne la peut plus rattrapper. Il y a plu-
sieurs choses, qui d’elles mesmes sont honnestes &
utiles, lesquelles, n’estans faictes en temps deu, perdent
toute leur grace. C’est pourquoy il ne faut point
laisser eschapper l’Occasion.

(d'après Andrea Alciato  1531  Les emblèmes)

Il est assez facile de trouver un ou des groupes pour s'exprimer en public, pour s'exercer à parler, à chanter ou à faire de petits exposés, pour s'initier à l'animation d'un groupe : le monde associatif est très riche en occasions de toutes sortes. Mais, pour pratiquer les comprimés psychiques ou les exercices de reviviscence, il faut trouver ou se créer un groupe adapté.

Ne soyons pas des philosophes "culs de plomb", selon l'expression de Nietzsche. ( cité dans "Prélude à une philosophie en acte pour des philosophes debout"). Essayons de réfléchir et d'agir dans la perspective d'un avenir fait par tous et pour tous. ( phrase du Laboratoire d'Etudes Pratiques du Changement ).

Par Josyphilo - Publié dans : éducation
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 21 mars 2007 3 21 /03 /2007 18:09

Le milieu affectif marque son empreinte dans le cerveau de l'enfant.

Boris Cyrulnik rappelle que le déterminant biologique lié au transport de la sérotonine " n'empêche toutefois pas le milieu de marquer son empreinte dans le cerveau et d'orienter l'acquisition d'un style affectif - d'une manière d'aimer - particulier. " Il explique que les informations sensorielles qui enveloppent le jeune enfant induisent la création d'une myriade de nouveaux circuits dans le cerveau. Les neurones établissent 200 000 contacts par heure au cours des quatre premières années de la vie. Un enfant négligé, maltraité ou qui vit auprès d'une mère dépressive et malheureuse à ce moment critique du développement cérébral apprendra à son cerveau à canaliser les informations vers les zones cérébrales qui déclenchent plutôt la tristesse. Par contre, si l'enfant est rassuré et entouré d'une mère gaie, son cerveau sera formaté différemment et les stimulations de son milieu seront projetées de préférence vers la région cérébrale qui induit des sensations de bonheur et d'euphorie.     " C'est la banalité du quotidien qui façonne le cerveau. les interactions quotidiennes établissent des circuits, des voies préférentielles, ce qui confirme l'intuition de Freud. "

L'isolement sensoriel dans lequel se retrouve un enfant qui perd sa mère et ne trouve aucun substitut dans sa famille ou sa culture ralentit la création de nouveaux circuits cérébraux. Cette carence peut mener à l'atrophie de la région fronto-limbique du cerveau. L'observation au scanner des cerveaux de jeunes orphelins abandonnés et privés de toute affection a en effet montré que cette zone cérébrale, responsable des émotions et de la mémoire, avait littéralement fondu.

Lorsque ces enfants ont été confiés à des familles d'accueil généreuses, leur cerveau a retrouvé sa taille normale un an plus tard. Les gamins avaient également récupéré un niveau intellectuel normal et s'intégraient bien socialement.

En s'appuyant sur ces exemples, Boris Cyrulnik affirme que tout n'est pas perdu pour un enfant abandonné, maltraité par la vie. Grâce au phénomène de la résilience - que le neuropsychiatre a grandement vulgarisé -, " l'enfant pourra reprendre un autre type de développement si la famille et la culture disposent autour de lui de nouveaux tuteurs. "

Une seconde chance à l'adolescence

Pour les mal partis de la vie, l'adolescence représente une deuxième chance. Sous l'effet du déversement hormonal, le cerveau retrouve une certaine plasticité qui permet aux intenses émotions provoquées par les premières amours d'induire un remaniement du mode d'attachement.

Plus tard dans la vie, à l'âge de la retraite, l'attachement subit généralement quelques transformations additionnelles. A cette étape de la vie où les proches parents et les amis disparaissent peu à peu, l'environnement affectif s'appauvrit. par contre, notre monde intime, constitué par le récit de soi qui est bien gravé dans la mémoire, prend le relais. " Les anciennes figures d'attachement s'internalisent. Une photo, une lettre ou un petit objet suffit pour les évoquer et provoquer un apaisement. " Quand on devient âgé, on peut aussi se rapprocher de Dieu. Les personnes "sécures" le remercient du miracle de vivre, les personnes "insécures" entretiennent avec Dieu un hyperattachement anxieux qui les rend agressifs quand on tente de les faire douter.

Tout au long de son livre, Boris Cyrulnik nous montre que " la vie est une conquête perpétuelle, jamais fixée d'avance. Ni nos gènes ni notre milieu d'origine ne nous interdisent d'évoluer. Tout reste possible."

D'après Pauline Gravel. Sommes-nous égaux devant le bonheur?

Par Josyphilo - Publié dans : éducation
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 22 mars 2007 4 22 /03 /2007 11:17

Le cerveau est en permanence remanié, " pétri " par les interactions affectives, les rencontres, les évènements de notre vie, même notre environnement culturel. Cette notion de plasticité cérébrale est la grande découverte des 15 dernières années.

Le cerveau est constamment en travaux...

 Avec des phases plus ou moins sensibles. Avant quatre ans, c'est un véritable bouillonnement. la moindre information qui parvient au cerveau est aussitôt " circuitée " ( " frayée ", disait Freud), créant une sensibilité préférentielle, une propension à réagir d'une manière donnée. Au moment de l'adolescence, la plasticité cérébrale est également très grande. Et, tout au long de la vie, le bonheur, ça s'apprend.

Propos de Boris Cyrulnik, sur le site " Le bonheur, ça s'apprend ! "

Le bien-être, ce n'est pas le bonheur.

Boris Cyrulnik cite une fable de Charles Péguy, la fable du casseur de cailloux.

Charles Péguy va en pélerinage à Chartres. Il voit un type fatigué, suant, qui casse des cailloux. Il s'approche de lui : "Qu'est-ce que vous faites, monsieur ? - Vous voyez bien, je casse les cailloux, c'est dur, j'ai mal au dos, j'ai soif, j'ai chaud. Je fais un sous-métier, je suis un sous-homme." Il continue et voit plus loin un autre homme qui casse les cailloux; lui n'a pas l'air mal. "Monsieur, qu'est-ce que vous faites? - Eh bien, je gagne ma vie. Je casse des cailloux, je n'ai pas trouvé d'autre métier pour nourrir ma famille, je suis bien content d'avoir celui-là." Péguy poursuit son chemin et s'approche d'un troisième casseur de cailloux, qui est souriant, radieux : "Moi, monsieur, dit-il, je bâtis une cathédrale." Le fait est le même, l'attribution du sens au fait est totalement différente. Et cette attribution du sens vient de notre propre histoire et de notre contexte social. Quand on a une cathédrale dans la tête, on ne casse pas les cailloux de la même manière.

Le bien-être, c'est l'immédiat, la perception : je mange bien, je me sens bien, je n'ai pas faim, je n'ai pas peur.

Le bonheur, lui, n'existe que dans la représentation, c'est toujours le fruit d'une élaboration. On doit le travailler. C'est dans un autre lieu, dans un autre temps, c'est presque une utopie.

Le bonheur n'est pas un objet qu'on peut attraper : il se construit dans le temps et dans l'échange.

Boris Cyrulnik : " Dans le partage. L'échange, c'est un terme commercial. Le partage, c'est un terme créateur : on va faire ensemble un enfant, on va partager les plaisirs et les soucis, on va faire ensemble une maison. L'échange, c'est un plaisir immédiat. Le partage, c'est vivre ensemble dans ce qu'on a créé. Il exige la rencontre entre deux mondes mentaux, donc le conflit, qui est créateur."

" On n'est pas heureux seul parce qu'on ne peut rien développer seul. Les petits Roumains qu'on a vus à la télé, ils étaient sains : cerveau sain, biologie saine. Ils ne savaient pas parler, ils faisaient sous eux, parce qu'ils n'avaient pas connu l'altérité. L'homme est une espèce vivante constituée pour l'altérité. Je ne peux devenir moi-même que s'il y a un autre. Même la bipédie n'est possible que s'il y a un groupe : c'est un facteur culturel. Beaucoup d'enfants abandonnés marchent à quatre pattes. Et quand la parole apparaît, on crée des mondes intersubjectifs, des constructions de représentations verbales aux combinaisons infinies."

Le bonheur, ça s'apprend. Tout au long de la vie. Ce n'est pas un objet qu'on peut attraper. C'est le résultat d'une élaboration mentale, proprement humaine, d'une construction qui s'élabore dans le partage avec autrui.

Voir le site "Relation d'aide chrétienne professionnelle avec Jacques Poujol et Claire Poujol."

Par Josyphilo - Publié dans : éducation
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 26 mars 2007 1 26 /03 /2007 17:23

Notre but premier est d'amorcer la poursuite d'un développement optimal de notre personnalité. Pour ce faire, nous cherchons à développer notre intégration psychique par l'apprentissage de l'utilisation de notre cerveau.

Et le bonheur dans tout ça ?

Faire des efforts, à quoi bon ?

Le bonheur, c'est construire une cathédrale dans sa tête, ce n'est pas faire des exercices d'intégration. Voilà ce que dit la petite voix de l'inactif qui réside en chacun de nous.

L'inactif a tort.

La compréhension du bonheur commence avec celle de la structure de notre cerveau qui est triple :

 Il y a d’abord le reptilien, le vieux cerveau, qui vient de l’étape reptilienne de l’évolution; ensuite, le cerveau limbique, le système nerveux, qui est de l’étape où sont apparus les mammifères et finalement le néocortex qui correspond à l’apparition de l’homme, en fait de l’homo sapiens sapiens.

Cette division est reprise de MacLean, qui, lui, s’inquiétait de ce qu’il n’y a pas d’intégration des trois cerveaux. Il disait : " À certains moments, l’homme devient purement instinctif - comme lorsque vous êtes dépassé en voiture et que vous êtes irrité; à d’autres moments, c’est l’émotion qui prend le dessus, donc le deuxième cerveau; et, très rarement, c‘est le néocortex, niveau de l’intelligence. " MacLean estimait que l’être humain a un problème énorme, celui de vivre avec un cerveau comportant trois niveaux qui ne sont pas intégrés.

Extrait de l'émission "Par 4 chemins" du 15 juin 1998 au sujet du livre de Christian Boiron, La source du bonheur est dans votre cerveau, Paris, Albin.

  1.  " Le cerveau reptilien est à l'origine de nos réactions face aux agressions, et déclenche, en cas de besoin, les " états d’urgence de l’instinct " que Laborit a découvert et répertoriés, à savoir : la peur, la colère et l'abattement. (...) Le cerveau reptilien est incapable de prendre des décisions d'actions conscientes, cependant il communique fidèlement aux autres cerveaux toutes les informations nécessaires sous forme de désir ou de répulsion, de satiété, de plaisir ou de souffrance. "

  2. " Le cerveau limbique gère quant à lui les programmes automatiques de comportement, les "logiciels" de l'individu, tout aussi indispensables à sa survie. C'est le cerveau de la mémoire programmante. C'est grâce à lui qu'on peut parler, marcher sans avoir besoin d'y réfléchir, descendre un escalier, conduire une voiture tout en écoutant de la musique. Grâce à sa capacité d'enregistrer et de reproduire automatiquement des attitudes ou des comportements, des mouvements, des actes et même des pensées, il permet l'apprentissage de toutes les techniques. Il gère de façon automatique toutes les informations reçues sans qu'on ait forcément besoin d'en avoir conscience. Il est programmé soit par la génétique (instincts grégaires comme l'instinct maternel ou l'instinct de compétition), soit par le dressage et l'apprentissage qui peuvent être volontaires ou involontaires, conscients ou inconscients, et qui vont induire des réactions-réflexes dans certaines situations. "
  3. " La partie néocorticale de notre cerveau, et en particulier la partie préfrontale du néocortex, recèle ce que le cerveau humain présente de plus évolué par rapport aux autres espèces animales. C’est là que se développe notre attitude à raisonner, à calculer, à dessiner, à faire de la poésie ou de la musique, à chercher notre destinée. Si le limbique fait la part la plus belle au groupe, le néocortex, donne de l’importance à l’individu, au " je ", c’est le siège de la personnalité. "
  4. Jacques et Fanny Fradin.

    Qu'est-ce donc que le bonheur ? Pour Christian Boiron :

    " Le bonheur, c’est le fonctionnement harmonieux des trois cerveaux, chacun fait son travail. En cas de danger décelé par le cerveau limbique (réflexe inné ou acquis), le cerveau reptilien déclenche une émotion destinée à provoquer une réaction adaptée. Cette émotion de stress (fuite, lutte, inhibition) a vocation à être de très courte durée et à s’éteindre avec la fin de l’alerte. Chez l’homme, ce mécanisme s’est complexifié avec le développement de l’intelligence néocorticale et est devenu la source de souffrances psychiques parfois intolérables. Lorsque l’intelligence est en désaccord avec une pensée automatique, et tant que cette pensée persiste, le cerveau reptilien déclenche un " état d’urgence de l’instinct " qui provoque de l’anxiété, de l’agressivité ou de la tristesse. Ces émotions, à leur tour, génèrent des comportements pathologiques : l’anxiété entraîne une agitation incessante, physique, psychique, professionnelle, affective; l’agressivité se décompense en esprit de compétition, en combats et défis de toutes sortes; l’état dépressif ou la tristesse se traduit par un grand besoin de sommeil, et par la recherche de situations surprotégées. "

    Pour Christian Boiron, il ne faut pas confondre plaisir et bonheur (Boris Cyrulnik dirait bien-être et bonheur). Il souligne que :

     " Le bonheur c’est ce qui reste lorsqu’on a supprimé les émotions pathologiques (l’anxiété, l’agressivité, la tristesse). Pour être heureux, il faut avoir la volonté de l’être alors si la motivation est forte, ce n’est plus qu’une question de travail et de temps, cependant le chemin est parsemé de pièges dont l’un des plus redoutables est l’attrait des émotions qui forment le malheur et peuvent nous entretenir dans le malheur. "

    " Le bonheur ce n’est pas une superstructure qu’on ajouterait à la réalité humaine imparfaite, mais le fonctionnement physiologique de la personne humaine qui est le bonheur. Le malheur, c’est la souffrance subjective et pathologique qu’il convient de supprimer pour obtenir l’état de bonheur. "

    Il préconise la méditation pour chercher à soustraire les facteurs de souffrance. Je ne le suis pas sur ce point, même s'il est vrai que la méditation peut parfois être très utile. La personnalité et son bonheur se construisent dans l'altérité et le partage.

    Je préconise donc plutôt les exercices pratiques d'intégration des trois parties du cerveau.

Par Josyphilo - Publié dans : éducation
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 18 juin 2007 1 18 /06 /2007 11:16

Notre cerveau n'est pas seulement l'organe de nos fonctions intellectuelles, il est aussi l'organe de nos émotions.

Les savants étudient les différentes substances présentes dans le cerveau et intervenant dans la psychologie des émotions.

La psychoculture, elle, ne dissèque pas notre systême nerveux. Elle nous apprend, dans la pratique, à passer d'une émotion à l'autre de manière à pouvoir maîtriser la situation quand le besoin s'en fait sentir.

Le besoin s'en fait sentir quand :

nous ne pouvons maîtriser le trac

nous ne pouvons nous empêcher d'être en colère

ou bien, au contraire, nous ne réussissons pas à nous mettre en colère quand il le faut

nous ne pouvons sortir de la dépression

nous manquons de courage

nous manquons d'enthousiasme

nous nous laissons abattre par le temps qu'il fait ou par l'attitude de nos supérieurs...

Les exemples sont nombreux. Passer d'une émotion négative à une émotion positive ou constructive, c'est le but de l'apprentissage du contrôle de ses émotions.

Comme dans tout apprentissage, il faut commencer par faire le diagnostic de ses insuffisances émotionnelles, et aussi de ses points forts. Ce diagnostic ne peut s'effectuer qu'en se "frottant" émotionnellement à ses semblables. Le pire est de rester isolé chez soi en s'imaginant invincible.

Pour contrôler son trac, il faut oser monter sur la scène.

Evidemment la difficulté de la prestation doit être progressive. On est choriste avant d'être soliste, on joue les utilités avant d'être premier rôle.

La première démarche est de reconnaître que la plupart du temps nous nous laissons dominer par nos émotions. Comme la plupart des gens. Alors qu'il convient, pour améliorer notre vie et notre santé, de nous en rendre maîtres.

Par Josyphilo - Publié dans : éducation
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés