" La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant." Marie-Madeleine Davy.
Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, j'ai senti la nécessité de comprendre qui j'étais. C'était, et cela reste pour moi, aussi naturel que de respirer. J'ai parlé dans le précédent article de l'aspiration à persévérer dans l'être, à survivre envers et contre tout, même contre la mort. Je vais développer maintenant ce que j'ai compris de moi-même.
Entre l'âge de mes premiers souvenirs ( 5 ans ) et l'âge de mes premières réflexions philosophiques ( 8 ans ) se situe une période riche en entendement et en accomplissements. Je crois sincèrement que c'est à cet âge que tout se joue. Mon avis n'a rien d'original : tous les psychologues de l'enfance sont d'accord sur ce point. C'est à cet âge en particulier que naît la conscience morale.
Qu'entend-on exactement par " tout se joue" ? Si l'enfant est bien entouré, si son état de santé est correct, s'il est en relation constante avec d'autres personnes humaines, il va développer un langage humain, des comportements humains, des aspirations humaines : en un mot l'enfant se crée une personnalité. Il va fonctionner comme un humain autonome.
Personnellement, j'ai ressenti confusément cette période comme une naissance. Rétrospectivement, je pourrais dire maintenant une seconde naissance. J'ai vécu cette période intensément. Mes émotions étaient très vives, mes pensées très nettes. Je me suis sentie vivre. J'ai vu le monde s'éclairer. J'ai voulu grandir ... et grandir pour un enfant, ce n'est pas seulement croître en hauteur, c'est se projeter dans l'avenir. J'étais devenue une personnalité humaine.
Il n'y a pas de différence entre fonctionner comme un humain et se connaître soi-même : qui fonctionne comme un humain se connaît, qui se connaît fonctionne comme un humain.
