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autocoaching La personnalité, l'ego, l'âme. Le coaching et l'autocoaching. Vers une philosophie de la personnalité.

Le milieu affectif

Josyphilo

Le milieu affectif marque son empreinte dans le cerveau de l'enfant.

Boris Cyrulnik rappelle que le déterminant biologique lié au transport de la sérotonine " n'empêche toutefois pas le milieu de marquer son empreinte dans le cerveau et d'orienter l'acquisition d'un style affectif - d'une manière d'aimer - particulier. " Il explique que les informations sensorielles qui enveloppent le jeune enfant induisent la création d'une myriade de nouveaux circuits dans le cerveau. Les neurones établissent 200 000 contacts par heure au cours des quatre premières années de la vie. Un enfant négligé, maltraité ou qui vit auprès d'une mère dépressive et malheureuse à ce moment critique du développement cérébral apprendra à son cerveau à canaliser les informations vers les zones cérébrales qui déclenchent plutôt la tristesse. Par contre, si l'enfant est rassuré et entouré d'une mère gaie, son cerveau sera formaté différemment et les stimulations de son milieu seront projetées de préférence vers la région cérébrale qui induit des sensations de bonheur et d'euphorie.     " C'est la banalité du quotidien qui façonne le cerveau. les interactions quotidiennes établissent des circuits, des voies préférentielles, ce qui confirme l'intuition de Freud. "

L'isolement sensoriel dans lequel se retrouve un enfant qui perd sa mère et ne trouve aucun substitut dans sa famille ou sa culture ralentit la création de nouveaux circuits cérébraux. Cette carence peut mener à l'atrophie de la région fronto-limbique du cerveau. L'observation au scanner des cerveaux de jeunes orphelins abandonnés et privés de toute affection a en effet montré que cette zone cérébrale, responsable des émotions et de la mémoire, avait littéralement fondu.

Lorsque ces enfants ont été confiés à des familles d'accueil généreuses, leur cerveau a retrouvé sa taille normale un an plus tard. Les gamins avaient également récupéré un niveau intellectuel normal et s'intégraient bien socialement.

En s'appuyant sur ces exemples, Boris Cyrulnik affirme que tout n'est pas perdu pour un enfant abandonné, maltraité par la vie. Grâce au phénomène de la résilience - que le neuropsychiatre a grandement vulgarisé -, " l'enfant pourra reprendre un autre type de développement si la famille et la culture disposent autour de lui de nouveaux tuteurs. "

Une seconde chance à l'adolescence

Pour les mal partis de la vie, l'adolescence représente une deuxième chance. Sous l'effet du déversement hormonal, le cerveau retrouve une certaine plasticité qui permet aux intenses émotions provoquées par les premières amours d'induire un remaniement du mode d'attachement.

Plus tard dans la vie, à l'âge de la retraite, l'attachement subit généralement quelques transformations additionnelles. A cette étape de la vie où les proches parents et les amis disparaissent peu à peu, l'environnement affectif s'appauvrit. par contre, notre monde intime, constitué par le récit de soi qui est bien gravé dans la mémoire, prend le relais. " Les anciennes figures d'attachement s'internalisent. Une photo, une lettre ou un petit objet suffit pour les évoquer et provoquer un apaisement. " Quand on devient âgé, on peut aussi se rapprocher de Dieu. Les personnes "sécures" le remercient du miracle de vivre, les personnes "insécures" entretiennent avec Dieu un hyperattachement anxieux qui les rend agressifs quand on tente de les faire douter.

Tout au long de son livre, Boris Cyrulnik nous montre que " la vie est une conquête perpétuelle, jamais fixée d'avance. Ni nos gènes ni notre milieu d'origine ne nous interdisent d'évoluer. Tout reste possible."

D'après Pauline Gravel. Sommes-nous égaux devant le bonheur?

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