Une personnalité à gérer
La personnalité, l'ego, l'âme. Le développement et l'épanouissement de la personnalité. Le coaching et l'autocoaching. Vers une philosophie de la personnalité.
L'autocoaching, une nécessité vitale.

Quel chemin de vie suivrai-je ?
Ausone (Idylles, 15, 1)
"Nous avons à vivre non point dans un monde nouveau dont il serait possible au moins de faire la description, mais dans un monde mobile, c'est-à-dire que le concept d'adaptation doit être généralisé pour rester applicable à nos sociétés en accélération." Gaston Berger. Education et prospective.
"La vie c'est le passage. Dire qu'elle est passage revient à dire qu'elle est action." Gaston Berger. L'encyclopédie française.
"Wer rastet, der rostet" L'inactif rouille. Dicton.
La personnalité, l'ego, l'âme. Le développement et l'épanouissement de la personnalité. Le coaching et l'autocoaching. Vers une philosophie de la personnalité.
Toute personnalité s'est engagée dans sa propre quête de la vérité et, tant qu'elle vivra, elle poursuivra cette quête. Ce qui implique de douter de tout, à la manière de Descartes. Comment, alors, élaborer une philosophie de vie, choisir valeurs et raisons de vivre ? Comment gérer sa vie aujourd'hui , avant d'avoir obtenu des réponses certaines ? On peut suspendre son jugement, on ne peut suspendre sa vie.
Je crois que nous pouvons nous inspirer de Descartes qui, en attendant les fondations d'une morale certaine, avait élaboré et adopté une morale " par provision " ou morale d'attente de la maturité " où on puisse être logé commodément pendant le temps qu'on y travaillera ".
Cette morale provisoire, inspirée de Sénèque et de Marc Aurèle, énoncée dans la troisième partie du Discours de la méthode, se compose de trois maximes :
La première consiste à " obéir aux lois et aux coutumes de son pays " ( soit à suivre les avis des plus modérés ), la seconde est celle de la résolution dans l'action, la troisième prescrit de changer ses désirs plutôt que l'ordre du monde.
Ces maximes étant dictées par " le sens commun ".
La nécessité d'élaborer une philosophie provisoire dépasse le cadre de la stricte morale. Bien d'autres valeurs attendent d'être fondées, surtout chez les jeunes adultes. En fait aucune valeur humaine ne l'est vraiment.
Loin de moi l'idée de proposer un modèle de philosophie de vie provisoire. Je montre seulement des pistes. Le but étant une relative tranquillité d'esprit. Et le principe étant que ce n'est pas la vie qui doit imposer la philosophie, mais la philosophie qui doit diriger la vie. C'est une question d'efficacité : " Celui qui a commencé à vivre plus sérieusement de l'intérieur commence à vivre plus facilement à l'extérieur. " Ernest Hemingway.
Pour s'orienter, toute personnalité a besoin d'une philosophie de vie. Celle proposée par R. Kipling peut sembler difficile à assumer. Elle ne l'est pas vraiment parce qu'elle repose sur des valeurs éprouvées.
Kipling propose à son fils de devenir " l'artisan de sa propre vie ", la formule est de Sénèque. Sénèque qui écrivait encore : " Recherchons un bien qui ne vaille pas par la seule apparence, mais qui soit stable, permanent, et d'une beauté d'autant plus grande qu'elle est secrète..." Cette philosophie devait assurer à son détenteur la " tranquillité de l'âme ". N'est-ce pas ce que nous pouvons souhaiter à tous les désorientés de la vie ?
Pour les courageux, les aventuriers de la pensée, proposons la conception de Nietzsche. Il s'agit de " faire de sa vie une oeuvre d'art ". Pour Nietzsche, " l'homme est une chose qui doit être surpassée ". Après avoir mis à bas toutes les valeurs, il propose une éthique plus qu'humaine : " Voici, je vous enseigne le Surhomme. Le Surhomme est le sens de la terre. Que votre volonté dise : Que le Surhomme soit le sens de la terre " Ainsi parlait Zarathoustra. Prologue. Il s'agit d'un homme qui dépasse le nihilisme, qui s'affirme comme homme et s'accomplit en tant que tel. Cet homme a" le sens de la terre ". Il fait preuve de " grande santé ". Il ne culpabilise pas, il dit oui à la vie.
Devenir l'artisan de sa propre vie ou faire de sa vie une oeuvre d'art : deux choix qui vont dans le même sens, maîtriser sa vie. Il s'agit de laisser son âme prendre la direction et élaborer ses projets de vie en tant que pensée unifiée.
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D'un père à son fils :
Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un seul mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser le rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils.
Poème de Rudyard Kipling, traduit par André Maurois.
Nous connaissons tous des désorientés de la vie. J'en retiendrai deux catégories principales.
D'abord les vieillards désorientés qui ne connaissent plus leur identité, ne savent plus où ils sont et vivent dans le passé : c'est très préoccupant pour les proches et pour le personnel des maisons de retraite. La cause est bien connue : la dégénérescence des cellules de leur cerveau. Des thérapies existent, très limitées dans leurs effets pour le moment.
Puis les étudiants désorientés qui posent bien des problèmes à leurs familles, à leurs enseignants et aux travailleurs sociaux. Je ne parle pas ici seulement d'orientation professionnelle. Mais d'orientation face à la vie en général. Ils ne réussissent pas à élaborer une philosophie personnelle, et encore moins à diriger leur vie. ( Voir le forum " Genaisse ". ) On connait le taux élevé de suicides dans cette tranche d'âge. Quelle est la cause de cette désorientation ? Sans doute notre systême éducatif, issu de la crise des valeurs. Du temps où la religion règnait en maître, il suffisait d'obéir pour s'orienter. Maintenant que chacun est libre de choisir ses propres valeurs, d'apprendre ce qu'il a envie d'apprendre, d'adhérer ou non à une religion, on constate un profond désarroi.
Boussole chinoise Si Nan de la dynastie Han.
Pourtant...
Le fonctionnement de la personnalité implique une orientation de tous les instants. A tout moment, et surtout à celui du réveil, l'ego rapidement fait le point. Chaque état de conscience prend une signification par rapport aux autres états de conscience. Contrairement à l'animal, l'humain fonctionne comme une pensée unifiée : ce qui arrive maintenant est situé dans l'espace, dans le temps et arrive à un ego qui a conscience d'une continuité dans son expérience personnelle. Continuellement l'ego se projette vers l'avenir en s'appuyant sur ses expériences passées.
D'où la nécessité d'élaborer une philosophie de vie : puisqu'il faut, à tout moment, faire des choix, quelles options choisir ? Rien de ce qui est humain n'est automatique. C'est parce que l'homme est à lui-même sa propre boussole, qu'il peut être " déboussolé ".
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Le chercheur de vérité rencontre inévitablement son âme.
L'âme évoluante d'un être humain est difficile à décrire, et son existence est encore plus difficile à démontrer, car on ne peut la découvrir par les méthodes d'investigation physiques. Elle est connaissable seulement par découverte spirituelle.
Elle est la fraction de l'homme qui reflète son identité, qui discerne la vérité, et qui perçoit l'esprit ; elle élève perpétuellement l'être humain au-dessus du niveau du monde animal.
La conscience intellectuelle de soi, en elle-même et par elle-même, n'est pas l'âme.
La conscience morale de soi est la vraie compréhension humaine de soi et constitue le fondement de l'âme humaine. C'est vers 6 ans, quand l'enfant a pris sa première décision morale autonome, qu'a lieu ce qu'on appelle parfois " la seconde naissance ". L'enfant s'est qualifié pour recevoir l'esprit qui désormais va l'habiter.
L'âme évoluante est l'émanation conjointe de deux éléments :
- une pensée dominée par la volonté humaine de connaître Dieu
- un fragment de Dieu, l'Ajusteur de Pensée, qui contrôle les forces spirituelles.
Pour l'exprimer autrement :
la pensée humaine est sa mère, l'esprit qui l'habite est son père, et sa substance n'est ni matérielle ni spirituelle, mais médiane ou " morontielle ".
Les Hindous l'appellent " la demeure de Brahmane ".
L'âme est la partie de l'homme qui représente la valeur potentielle de survie de l'expérience humaine. Le choix moral et l'accomplissement spirituel, l'aptitude à connaître Dieu et le besoin de lui ressembler, sont les caractéristiques de l'âme.
Le salut ou la perte d'une âme dépendent du fait qu'elle a atteint, ou non, le statut de survie par alliance éternelle avec l'esprit immortel associé qui lui a été donné. Le salut consiste pour chacun à spiritualiser sa conscience morale, qui acquiert ainsi une valeur de survie. Toutes les formes de conflits psychiques consistent en un manque d'harmonie entre l'autoconscience morale ou spirituelle et l'autoconscience purement intellectuelle.
Malgré l'impuissance de la science matérielle à découvrir l'existence de l'âme humaine, tout individu moralement conscient connaît l'existence de son âme en tant qu'expérience personnelle réelle et effective.
J'ai choisi cette icône comme représentation symbolique de l'union de l'Ajusteur et de la pensée matérielle : l'enfant est l'âme.
Supposons que tout se soit bien passé et que l'enfant, ayant résolu ses problèmes de libido, se soit mis en tête de savoir et d'apprendre. On va l'orienter tout naturellement vers les savants et les philosophes de son époque. Et là, comme notre cher Léonard de Vinci, il risque bien de déchanter : on va lui affirmer que le soleil tourne autour de la terre ou que l'homme est un animal. Si, dans le domaine scientifique, la tâche est déjà difficile, à plus forte raison l'est-elle dans le domaine du "Connais-toi toi-même".
La jeune personne en quête de vérité va se tourner vers des maîtres. L'aventure est longue et éprouvante.
La classe de philosophie, heureuse institution, aide à clarifier les idées. Mais les professeurs restent neutres : ils expliquent les philosophes, les situent dans l'histoire de la philosophie, font connaître les grands textes... Tout cela est bel et beau. Mais l'aventure vient seulement de commencer. Où se tourner ? Qui suis-je ? Un être matériel, mais doté de pensée ? Une entité spirituelle qui peut espérer survivre ? Une âme évolutionnaire libre de choisir ? Ou même un animal évolué ? Quelles valeurs adopter ? Vais-je devenir marxiste ? nietzschéen ? humaniste ? La vie a-t-elle seulement un sens ? Que vais-je faire de ma vie ? Faut-il faire des enfants dans ce monde de misère ? Dieu existe-t-il ? Pourquoi l'homme est-il un loup pour l'homme ?
Les questions sont nombreuses. Mais la quête de la vérité est entamée et elle est consubstantielle à la vie. Vivre, c'est se connaître et chercher à se connaître.
Des réponses vont être trouvées. Une vie va être vécue. Je laisse la parole à un homme d'action, pas à un doux rêveur :
" La quête de cette vérité est le summum de la vie " Gandhi. Autobiographie ou mes expériences de vérité.
Le Mahatma Gandhi apprécie, dans cette formule, plus la quête elle-même, que son résultat. L'homme peut vivre, agir, servir, il reste surtout une sorte de pélerin de la vérité.
La psychanalyse nous apprend que l'amour du savoir, à sa naissance, est intimement lié à un certain savoir sur l'amour.
D'après Freud, la soif de savoir de l'enfant se manifeste par le stade des " pourquoi " vers 3 ans. Ces " pourquoi " ont pour objectif de connaître le fonctionnement de la sexualité et de la procréation.
Au cours de l'évolution ultérieure, l'enfant peut adopter plusieurs voies différentes, déterminantes pour son futur.
1ère voie : celle du refoulement sexuel. Cette voie peut entraîner un refoulement de la curiosité intellectuelle.
2ème voie : l'enfant peut demeurer isolé et son intelligence, héritant d'une énergie de jouissance et d'angoisse, va se diriger vers l'obsessionnalisation.
3ème voie : l'enfant va métamorphoser sa libido en passion de connaître. Léonard de Vinci est, pour Freud, le parfait exemple de cette voie.
D'après Sigmund Freud. Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci. ( Chapitre 1- Idées- Gallimard ).
Les familles et les enseignants doivent donc aider l'enfant à adopter la 3ème voie, celle qui va transformer le désir de savoir en désir d'apprendre.
Lire : Malaise chez l'enseignant ( L'éducation confrontée à la psychanalyse ) d'Anny Cordié.
Ou consulter le site "Malaise chez l'enseignant".
" La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant." Marie-Madeleine Davy.
Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, j'ai senti la nécessité de comprendre qui j'étais. C'était, et cela reste pour moi, aussi naturel que de respirer. J'ai parlé dans le précédent article de l'aspiration à persévérer dans l'être, à survivre envers et contre tout, même contre la mort. Je vais développer maintenant ce que j'ai compris de moi-même.
Entre l'âge de mes premiers souvenirs ( 5 ans ) et l'âge de mes premières réflexions philosophiques ( 8 ans ) se situe une période riche en entendement et en accomplissements. Je crois sincèrement que c'est à cet âge que tout se joue. Mon avis n'a rien d'original : tous les psychologues de l'enfance sont d'accord sur ce point. C'est à cet âge en particulier que naît la conscience morale.
Qu'entend-on exactement par " tout se joue" ? Si l'enfant est bien entouré, si son état de santé est correct, s'il est en relation constante avec d'autres personnes humaines, il va développer un langage humain, des comportements humains, des aspirations humaines : en un mot l'enfant se crée une personnalité. Il va fonctionner comme un humain autonome.
Personnellement, j'ai ressenti confusément cette période comme une naissance. Rétrospectivement, je pourrais dire maintenant une seconde naissance. J'ai vécu cette période intensément. Mes émotions étaient très vives, mes pensées très nettes. Je me suis sentie vivre. J'ai vu le monde s'éclairer. J'ai voulu grandir ... et grandir pour un enfant, ce n'est pas seulement croître en hauteur, c'est se projeter dans l'avenir. J'étais devenue une personnalité humaine.
Il n'y a pas de différence entre fonctionner comme un humain et se connaître soi-même : qui fonctionne comme un humain se connaît, qui se connaît fonctionne comme un humain.
Persévérer dans l'être...
Voilà bien une espérance insensée. Humaine... Parce qu'enfin, pense l'homme, à quoi bon naître, à quoi bon mûrir, à quoi bon s'évertuer, à quoi bon souffrir... Tout ce processus de personnalisation que nous avons décrit, processus lent et laborieux, fait de nous un être unique, conscient d'être unique, conscient de son importance, de son destin. Pour ma part,à l'âge de 8 ans, je me suis dit que ce serait un scandale de ne pas avoir la possibilité de survivre à la mort. Un scandale que mon ego s'anéantisse.( A 8 ans, les jugements et les émotions sont vifs, ils sont "à l'état naissant".) Aujourd'hui encore, je ne peux m'empêcher de ressentir ce scandale. Un scandale de voir toute espérance avortée: les grandes valeurs que nous découvrons en ce monde réclament du temps, beaucoup de temps, pour s'exprimer. De plus, il est logique de penser survivre : si j'ai été une fois personnalisée, je peux l'être une nouvelle fois. Je me suis découverte dans un corps, je peux me découvrir à nouveau dans un autre. Evidemment, c'est l'église, ce sont nos mères, nos grand-mères, qui nous ont mis ces idées dans la tête. Mais ces idées n'auraient pas eu d'écho si elles n'avaient pas correspondu à une demande profonde. N'y aurait-il pas en nous une instance qui nous oriente vers cette espérance? Les philosophes, les psychologues, les scientifiques actuels prennent soin de suspendre leur jugement quand il s'agit de questions métaphysiques. On ne saurait leur donner tort. Ce que nous attendons d'eux, c'est la vérité scientifique, pas des affirmations d'esprits "illuminés". Quand il s'agit de "connaissance", le philosophe doit faire preuve de circonspection: il étudie les "phénomènes", le monde tel qu'il apparait à notre expérience. Tout ce qui échappe à l'expérience n'a pas droit de cité. L'âme est donc étudiée en tant que psychisme; de son destin il n'est pas question, sinon pour dire qu'elle se meurt avec le corps.
Mais ici nous parlons de gérer notre personnalité, de la promouvoir, de l'améliorer, de la spiritualiser peut-être. En un mot d'agir. Pour agir, nous avons besoin de nous constituer des valeurs selon lesquelles agir: nous ne pouvons nous en tenir à une philosophie critique ou sceptique.
Avec une formule comme "Je sais que je ne sais rien" on n'avance guère. Et l'on n'est guère motivé.
S'intéresser au progrès de la personnalité, c'est inévitablement se demander ce que nous sommes vraiment en réalité, et pas seulement ce que nous paraissons être. Autrement dit, notre psychisme, notre âme, est-il seulement un phénomène temporaire accompagnant notre corps ? Ou, au contraire, notre âme peut-elle se qualifier, au cours de notre existence, de manière à survivre ? Dans ce deuxième cas, il y aurait grand bénéfice à travailler sur soi-même, et pas seulement pour être en bonne santé, ou pour avoir une bonne profession, ou pour aider ses semblables...
Quand on traite de la personnalité, la question de l'immortalité de l'âme est trop fondamentale pour qu'on puisse l'éluder.
L'ego, le monde, les Dieux, trois pôles de notre connaissance. Au seuil du Temple de Delphes on pouvait lire autrefois: " Connais-toi toi-même, laisse le monde aux Dieux " , formule que Socrate aurait transformée en " Connais-toi toi-même, et tu connaîtras l'Univers et les Dieux" . Il y a bien longtemps que l'homme s'est attelé à la tâche titanesque de se connaître et de connaître le monde. Mais la connaissance de soi est-elle la clef qui conduit à la connaissance de l'Univers et des Dieux ?
En latin "ego" signifie "je".
L'ego est le "je" des philosophes. Il s'agit généralement du sujet pensant. Les philosophes se préoccupent des valeurs et des systêmes de valeurs de chaque individu humain, de chaque "ego". En étudiant par exemple la conscience, on étudiera l'ego en tant que sujet conscient; en étudiant la notion de beauté, on se demandera ce qui est beau pour un ego.
La représentation que le philosophe se fait de l'ego dépend du point de vue selon lequel il se place:
Quand Descartes énonce sa célèbre formule " Cogito, ergo sum", " Je pense, donc je suis", il se place selon son propre point de vue, selon son propre "je". Mais, après lui, le "cogito" et l'"ego" sont devenus des noms communs. A chaque lecteur de se réapproprier la formule.
L'ego du philosophe, c'est le "je"pour le langage.
Nous n'avons que ce pronom personnel pour parler de notre moi. Moi, toujours, pour nous, intime.
Autres sens du mot "ego":
- La personnalité. On dira par exemple : il faut structurer son ego Dans ce cas, je préfère parler de personnalité.
- La manière de se centrer sur soi-même. Les bouddistes parlent de la nécessité d'éliminer l'ego. Dans ce cas, je garde le terme d'ego, qui est le terme consacré.